Artes Visuales y Digitales   
Arts Visuels & Création Numérique     

Le bruit des choses qui tombent

Date:
décembre 02 - février 18
Lieu:
FRAC PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR
Adresse:
20 boulevard de Dunkerque
Ville:
Marseille
Description:

Vernissage vendredi 1er décembre, 18h

Description: 

« Un cri entrecoupé, [...] puis j’entends un bruit que je n’ai jamais su identifier : il n’est pas humain, il est plus qu’humain. C’est le bruit des vies qui s’éteignent, mais aussi d’objets qui se brisent. Le bruit des choses qui tombent, un bruit ininterrompu et par là-même éternel, un bruit sans fin qui continue de retentir dans ma tête depuis ce soir-là et ne semble plus vouloir en partir. » Juan Gabriel Vásquez

« Mieux vaut avoir ses cauchemars sur ses murs que dans sa tête » Papa 

Le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur propose une exposition qui met en regard le travail de quinze artistes colombiens avec une sélection d’œuvres de la collection du Frac, dans un parcours construit autour d’une émotion : la peur.
Affect fondamental, intemporel, dont l’être humain ne peut faire l’économie,
la peur a ce pouvoir d’aveuglement qui, comme l’écrivait Stephen King, peut nous projeter dans le « noir absolu », et nous laisser « aussi désemparés que des enfants incapables de trouver l’interrupteur ».

Comme manifestation élémentaire de notre relation au monde, la peur participe de sa construction et de la nôtre en tant qu’individus. Rituelle, ou initiatique comme chez l’enfant, elle est un élément moteur de connaissance et d’expérience. La peur figure ainsi un franchissement, ce par quoi il nous faudra passer pour qu’advienne une résolution et qu’en n s’en dissipe le sentiment. De la peur naissent ainsi notre instinct de survie et notre capacité à agir.

De quoi avons-nous peur ? Quels sont les objets et les effets de la peur ? Comment la représenter ? Mais aussi comment en use-t-on ? Qu’est-ce que la peur dit de nous, de notre relation à l’autre et au réel ? L’obscurité, l’informe, le vide, l’effondrement, le morcellement, l’asphyxie, l’effraction, la séparation... sont autant de peurs primaires, violemment réactivées dans un monde souffrant de son incapacité à se donner une forme, un monde liquide, pour reprendre la métaphore du sociologue Zygmunt Bauman, où les liens humains sont fragilisés.

C’est sur cette fragilité que s’appuient ceux qui font de cette émotion
un puissant outil de manipulation, une technique, et qui en utilisent les mécanismes pour imposer leur autorité, dans la sphère familiale, sociale ou politique. Face à une peur devenue d’intérêt public qui ordonne un état social fondé sur la modulation affective de la vie quotidienne, ce qu’évoquent Patrick Boucheron et Corey Robin dans un entretien récent, il semble nécessaire d’en rappeler l’im- portance et le caractère fondateur dans la construction de notre émancipation en tant qu’individus. Comment « surprendre la catastrophe » ? Non pas cesser d’avoir peur donc, mais au contraire, comment transformer une paralysie inféconde en un élément réflexif, moteur d’action, de rencontres et de connaissance ?

L’exposition présentée au Frac s’articule autour de ces notions : les objets de la peur, les mécanismes de son instrumentalisation, les moyens pour la conjurer. Peintures, sculptures, installations (dont certaines réalisées in situ pour l’exposition), photographies et vidéos se côtoieront sur deux niveaux et dans l’auditorium du musée. Comme une provocation à l’irrepresentabilité de l’angoisse, à l’absence de forme à laquelle est toujours associée la peur, l’art ouvre un espace de représentation, d’interprétation et de récit.

Commissaire: Albertine de Galbert, avec Elena Lespes Muñoz

Artistes présentés

Absalon (1964, Ashdod — 1993, Paris)

Ever Astudillo (1948, Cali — 2015, Cali)

Alberto Baraya (1968, Bogota)

Jean Bellissen (1936 — 2014, Marseille)

Marie Péjus et Christophe Berdaguer (1969 et 1968, Marseille)
Bruno Botella (1976, Sarcelles)
Pedro Cabrita Reis (1956, Lisbonne)
Santiago Cárdenas (1937, Bogota)
Arnaud Claass (1949, Paris)

Tony Cragg (1949, Liverpool)

Francis Gomila (1954, Gibraltar)
 Beatriz González (1938, Bucamaranga)
Rodney Graham (1949, Abbotsford)
Laurent Grasso (1972, Mulhouse)
Leonardo David Herrera (1977, Cali)
Fabrice Hyber (1961, Luçon)
Paulo Licona (1977, Tunja)

Norman Mejía (1938, Carthagène — 2012, Baranquilla)
Ana Maria Millán (1975, Cali)

Oscar Muñoz (1951, Popayan)

Alex Rodríguez (1981, Cali)

Miguel Ángel Rojas (1946, Bogota)

María Isabel Rueda (1972, Carthagène)

Doris Salcedo (1958, Bogota)

Edwin Sánchez (1976, Bogota)

Jean-Luc Verna (1966, Nice)

Martin Walde (1957, Innsbruck)

isuel © Tangrama, à partir de l’oeuvre de Miguel Ángel Rojas, série Faenza, Antropofagia, 1979, courtesy de l’artiste, de Espaivisor et de la Sicardi Gallery. 

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