Cine y Audiovisual  
Cinéma & Audiovisuel

SEMAINE DU CINÉMA COLOMBIEN

Date:
décembre 05 - décembre 10
Lieu:
La Cinémathèque de Toulouse
Adresse:
69 rue du Taur
Ville:
Toulouse
Description: 

 

À l’occasion de l’Année croisée France-Colombie, en partenariat avec le ministère de la Culture colombien et l’Institut français, en collaboration avec La Cinémathèque française, le Poitiers Film Festival et le festival Cinélatino, nous vous proposons un focus sur le cinéma colombien, tout au long d’une semaine nourrie par des invités colombiens venus tout spécialement.

Quatre invités : César Augusto Acevedo (La Terre et l’Ombre), Ciro Guerra (L’Étreinte du serpent), Franco Lolli (Gente de bien) et Nicolás Rincón Gille (L’Étreinte du fleuve). Quatre cinéastes qui font le renouveau du cinéma colombien et écument les festivals internationaux en offrant au regard une nouvelle vision de la Colombie. Quatre cinéastes qui nous présenteront chacun un de leurs films (voir ci-avant) et un film de leur choix appartenant au patrimoine cinématographique colombien – La Petite Marchande de roses pour Acevedo, Les Condors ne meurent pas tous les jours pour Guerra, Rodrigo D. : No futuro pour Lolli et El río de las tumbas pour Rincón Gille. 

Une manière de revenir sur ce jeune cinéma colombien en plein essor depuis le début des années 2000 et d’en découvrir les racines, tout en portant un regard croisé sur l’histoire d’une cinématographie prise en étau entre le rouleau compresseur hollywoodien et le très prolifique cinéma mexicain, et en tenaille par la propre histoire de son pays. Une histoire qui est aussi une question de géographie, de réappropriation des espaces comme l’expliquait Ciro Guerra aux Cahiers du cinéma lors de la sortie de L’Étreinte du serpent : « Nous étions habitués à avoir peur de notre pays, peur de voyager à l’intérieur des terres car elles étaient dévastées par la guérilla et les forces illégales. Nous avons grandi prisonniers des villes. Le cinéma colombien des années 1980-90 était un cinéma très urbain, comme celui de Victor Gaviria. Des villes pleines de violence, d’insécurité, d’inégalités et de pauvreté. La génération actuelle tente de revenir à ces espaces abandonnés et de chercher en eux une véritable identité et pas celle des années 1980-90 qui consistait à vouloir ressembler aux États-Unis ou à l’Europe ». Une génération de cinéastes qui fait très certainement montre d’une identité cinématographique forte et qui est en passe de faire école. Une autre question, celle de l’avenir, que nous pourrons aborder également lors d’une table ronde autour de laquelle nous les retrouverons tous les quatre.

FRANCK LUBET,

RESPONSABLE DE LA PROGRAMMATION

 

Manifestation organisée dans le cadre de l’Année croisée France- Colombie 2017 avec le soutien de l’Institut français et de la Ville de Toulouse, en partenariat avec La Cinémathèque française et le Poitiers Film Festival.

 

  • Jeudi 7 décembre à 19h

RENCONTRE AUTOUR DU CINÉMA COLOMBIEN

Rencontre avec César Augusto Acevedo, Ciro Guerra, Franco Lolli et Nicolás RincónGille, animée par Nicolas Azalbert, critique de cinéma, et Amanda Rueda, maître de conférences et membre de l’ARCALT (Association des Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

En partenariat avec le musée des Abattoirs

SUIVIE À 21H DE LA PROJECTION DE RODRIGO D. : NO FUTURO DE VICTOR GAVIRIA

 

  • Mardi 5 décembre à 21h

CINÉ-CONCERT

GARRAS DE ORO

P. P. JAMBRINA / 1926. COL. 56 MIN. N&B / TEINTÉ. DCP. MUET. INTERTITRES ESPAGNOLS

SOUS-TITRÉS FRANÇAIS.

L'histoire se déroule en 1914, date de l'ouverture du canal de Panama. Un citoyen nord-américain se joint à des Colombiens afin de défendre les intérêts du pays contre les projets du gouvernement américain. Une production pionnière du cinéma colombien et très probablement le premier film antiimpérialiste de l'histoire du cinéma. Réalisé sous pseudonyme et mystérieusement conçu par des anonymes alors que le cinéma colombien connaît une faste période grâce à d'anodines adaptations littéraires. Sous la pression des États-Unis, le film fut retiré de l'affiche dans toute l'Amérique latine et disparut pendant près de 50 ans avant qu'une copie ne soit finalement retrouvée par miracle. L'Oncle Sam regarde une carte de la Colombie avec convoitise avant d'en arracher le Panama avec ses longs doigts dorés et crochus. Garrasde oro, littéralement : griffes d'or.

SÉANCE ACCOMPAGNÉE PAR GRÉGORY DALTIN (ACCORDÉON), JULIEN DUTHU (CONTREBASSE), SÉBASTIEN GISBERT (PERCUSSIONS)

 

  • Vendredi 8 décembre à 21h

LA TERRE ET L'OMBRE (LA TIERRA Y LA SOMBRA)

CÉSAR AUGUSTO ACEVEDO / 2015. COL. 97 MIN. COUL. DCP. VOSTF.

Un paysage apocalyptique. Une petite maison coincée au milieu de champs de canne à sucre. Leur exploitation génère de perpétuelles retombées de cendres. La vie d'un fils qui se consume et le retour au foyer d'un père après dix-sept ans d'absence, qui contemple la lente agonie des ouvriers au travail. Joie et bonne humeur. Peu de dialogues, mais beaucoup de sensations. Acevedo cadre avec une justesse stupéfiante, ne laisse rien au hasard et saisit à bras le corps la violence économique. Un requiem puissant et tragique pour une terre oubliée de Dieu.

 

  • Samedi 9 décembre à 21h

LA PETITE MARCHANDEDE ROSES (LA VENDEDORA DE ROSAS)

VICTOR GAVIRIA/ 1998. COL. 118 MIN. COUL. 35 MM. VOSTF.

La Petite Fille aux allumettes, revu et corrigé par Victor Gaviria. Une fois de plus, le cinéaste prend pour cadre la ville de Medellín et ses dérèglements. Entre fiction et documentaire, entre sniff de colle et bordées d'injures, une plongée effarante dans l'ahurissante réalité des bidonvilles. Ils ont dix, douze ou treize ans et vivent dans la rue. Ce sont juste des gosses qui jouent leur propre rôle. Monica lutte pour le peu qu'elle possède. Tenace et énergique. Pour se payer une fête avec son petit ami dealer, elle vend des roses. C'est le soir de Noël dans la ville la plus brutale du monde.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR CÉSAR AUGUSTO ACEVEDO

 

  • Mercredi 6 décembre à 21h

L'ÉTREINTE DU SERPENT (EL ABRAZO DE LA SERPIENTE)

CIRO GUERRA / 2015. COL. / ARG. / VEN. 125 MIN. N&B. DCP. VOSTF.

Pour son troisième film, Ciro Guerra pose sa caméra dans la forêt amazonienne. Au modèle rabattu du chercheur blanc plongé dans l'enfer vert, Guerra répond par deux récits entrelacés, racontés pour une fois du point de vue des Indiens. Deux époques, deux explorateurs, un chaman, et la quête d'une plante mystérieuse. Ici, il sera plus question de communion que de colonisation. Guerra largue les amarres, marche sur les traces du Herzog période Aguirre et mêle adroitement dénonciation politique, ethnologie et pur moments d'action. Un voyage aussi hallucinant qu'halluciné.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR CIRO GUERRA

 

  • Mercredi 6 décembre à 19h

LES CONDORS NE MEURENT PAS TOUS LES JOURS (CÓNDORES NO ENTIERRAN TODOS LOS DÍAS)

FRANCISCO NORDEN / 1984. COL. 90 MIN. COUL. DCP. VOSTF.

En Colombie, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les deux partis politiques traditionnels, libéral et conservateur, s’affrontent dans une série de guerres civiles qui ensanglantent le pays pendant près de cent ans. La dernière de ces guerres commence avec l’assassinat d’un leader populaire en avril 1948. Désormais, les assassins politiques jouent un rôle prédominant. On les appelle les « Pájaros » (oiseaux) et le plus célèbre de tous fut Léon María Lozano dit « le Condor ». Homme de main du parti conservateur, ce catholique fanatique, ravagé par l’asthme, organisa dans sa région l’élimination systématique des libéraux.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR CIRO GUERRA

 

  • Vendredi 8 décembre à 19h

GENTE DE BIEN

FRANCO LOLLI/ 2014. COL. / FR. 87 MIN. COUL. DCP. VOSTF.

Une émouvante chronique intimiste pour un premier film sensible et délicat. Les retrouvailles difficiles entre un père, Gabriel, et son fils, Eric, âgé de dix ans. Franco Lolli filme à hauteur d'enfant et regarde le monde des adultes. Chez le père, toujours fauché, tout est petit et minable, et dans la grande maison bourgeoise dans laquelle il travaille, tout est grand et beau. La lutte des classes rejouée par une bande de niards impitoyables les uns envers les autres. La peinture sociale est forte et les adultes tentent de faire le bien… ce qui entraîne parfois de désastreuses conséquences.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR FRANCO LOLLI

 

  • Jeudi 7 décembre à 21h

RODRIGO D. : NO FUTURO

VICTOR GAVIRIA/ 1990. COL. 93 MIN. COUL. DCP. VOSTF.

Ce film est dédié à la mémoire de John Galvis, Jackson Gallego, Leonard Sanchez et Francisco Marin, acteurs de ce film et décédés avant l'âge de vingt ans à cause de l'absurde violence de Medellín. Le ton est donné. Entre 1986 et 1988, Victor Gaviria s'immerge dans la ville la plus violente du monde et se cramponne aux baskets de Rodrigo D. Il n'a pas vingt ans et rêve de jouer de la batterie dans un groupe punk. Autour de lui : violence, drogue, corruption et meurtres. Les années Escobar. Un monde au bord du gouffre et le portrait d'une jeunesse perdue. Essentiel !

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR FRANCO LOLLI

 

  • Samedi 9 décembre à 19h

 

L'ÉTREINTE DU FLEUVE (LOS ABRAZOS DEL RÍO)

NICOLÁS RINCÓN GILLE / 2010. COL. / BELG. 72 MIN. COUL. DCP. VOSTF.

Entre mythes et réalité, Nicolás Rincón Gille interroge le fleuve Magdalena. Dans ses eaux, le Mohan, séducteur invétéré, taquine les pêcheurs en faisant des noeuds dans leurs filets. Mais le fleuve porte une autre histoire, celle des cadavres balancés par les paramilitaires à la solde du gouvernement. Au fil de l'eau, au fil des témoignages des pêcheurs et des paysans, la peur des vivants remplace désormais celle des esprits. Ne reste plus alors que le cinéma et la mémoire pour lutter contre la violence.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR NICOLÁS RINCÓN GILLE

 

  • Samedi 9 décembre à 17h

EL RÍO DE LAS TUMBAS

JULIO LUZARDO/ 1964. COL. 87 MIN. N&B. DCP. VOSTF.

L'un des films majeurs du cinéma colombien. L'un des plus cultes aussi. Littéralement, « la rivière des tombes ». Un thriller forcément. Il n'en est rien. Julio Luzardo réveille la production locale avec une comédie noire, trèsnoire, qui évoque l'insidieuse violence politique de l'époque et peint la province avec humour. Au sein d'un village colombien, dans une époque soumise à la violence, apparaissent des cadavres au fil de l'eau. Une enquête est menée mais le mystère plane quant à l'identité et la provenance des corps.

SÉANCE PRÉSENTÉE PAR NICOLÁS RINCÓN GILLE

 

 

PROGRAMME

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